JAC 2007 «
N°12 (11 août) "Chronique concert"
Source: Jazz Au Coeur, Vilay
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Andrew Cyrille, lunettes de soleil sur le visage, se charge de faire monter la sauce en enchaînant des riffs de batterie aux rythmiques plus barrées les unes que les autres,et soutenues par la contrebasse de Cameron Brown.
Après cette mise en bouche... une entrée exotique est servie par John Zorn et la formation Bar Kokhba. Cet extra-terrestre n'est décidément jamais à l'endroit où on l'attend. On l'imagine derriere un saxophone, le voilà assis sur une chaise, envouté, où devrait-on dire envoutant, orchestrant avec brio une section cordes qui prouve une fois de plus que Zorn ne rime pas forcément avec cacophonie. Le set plein d'énergie auquel le public sait faire honneur propose un Jazz qui nous fait voyager loin... très loin! Dans les allées latérales, les libertés que s'accorde le public entrainé par les accords flamenco répandus par Marc Ribot à la guitare, prennent le dessus. L'ambiance est posée. Certains se lèvent et se mettent à danser. Le set se poursuit au fil des mélodies orientales mêlées à quelques airs yiddish et rythmiques flamenco, avant que l'acoustic massada n'entre en scène et assure une transition toute en douceur.
Le public est alors rassuré. Toutes les éventualités avaient été envisagées quant à la non présence du saxophone de l'artiste hors pair ... Du vol a l'oubli en passant par la déterioration, mais John zorn revient sur scène avec son instrument. Le voyage continue au gré des rythmes afro envoyés par Joey Baron derrière la batterie. Il nous emporte peu à peu au gré de ses rythmiques «Jungle» accompagné par un sax pas du tout aphone qui commence à crier, imiter un singe ou des oiseaux... L'instrument trop longtemps laissé dans son étui n'en peut plus et s'exprime. La trompette de Dave Douglas lui répond. La contrebasse de Greg Cohena acclamé par la foule et Zorn lui même a elle aussi son mot à dire et décide de rentrer dans la conversation. La scène se transforme en véritable capharnaüm au point que Zorn ne retrouve même plus la partition du morceau suivant. On en rit et on profite des derniers morceaux . La fin approche, on nous laisse même croire que c'est déjà fini, après le deuxième rappel. Les lumières restent allumées mais Zorn n'a pas dit son dernier mot. Il remettra le couvert pour deux rappels supplémentaires, et pour notre plus grand plaisir.

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