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Bénévoles in (jazz in) Marciac

{ UNITED COLORS of BENEVOLES }

JAC 2007 «  

N°09 (8 août) "Interview"

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Ahmad Jamal

Comment avez-vous découvert le piano ?

Il paraît que c'est le piano qui m'a découvert! J’avais trois ans, et mon oncle était en train de jouer du piano dans le salon. Il m’a dit : « ça, tu ne peux pas le faire ». Je me suis assis à côté de lui, et j’ai reproduit la mélodie qu’il venait de jouer ! Enfin, c’est ce qu’on m’a dit…
Comment faites-vous sonner une petite formation comme s’il s’agissait d’un grand orchestre ?
La plupart du temps, je joue dans des petits ensembles car j’aime ça, mais toute ma musique peut être arrangée pour des plus grands orchestres. Que j’écrive pour une formation de trois ou neuf musiciens, j’ai toujours une approche orchestrale de la composition. Je ne pense pas en termes de nombre de musiciens, car quand j’écris j’entends des orchestrations complètes..
Vous avez souvent été un artiste à contre-courant. A la grande époque du be-bop, quand tout le monde rivalisait de virtuosité, vous exploitiez un jeu très aéré, très doux…
Il me semble que beaucoup de musiciens de ma ville natale sont comme ça, un peu en marge ! Je viens de Pittsburgh, comme Art Blakey, Stanley Turrentine, Billy Eckstine, Ray Brown, George Benson et bien d’autres. Ils ont tous été à un moment ou à un autre à contre-courant de ce qui se faisait.
Sur la pochette d’After Fajr, on vous voit poser avec une colombe. Que représente pour vous la quête de la paix ?
La paix me paraît être un but ultime. Tout le monde cherche la paix, consciemment ou pas. Si la plupart des gens œuvraient pour la paix, nous arrêterions de nous entre-tuer, de nous combattre et de faire toutes ces choses terribles. Nous devrions toujours rechercher la paix… toujours !
Quelle est selon vous la relation entre la musique et la spiritualité ?
C’est inséparable ! Sans esprit il n’y a pas de musique. Même si un jour vous êtes sur scène, il faudra tôt ou tard en descendre. Celui qui a trois ans aujourd’hui en aura peut-être un jour quatre-vingts. Mais ce qui est sûr, c’est qu’un jour il devra s’en aller. C’est dans l’ordre des choses. En revanche, l’esprit perdure, contrairement à une voiture, une maison, de l’argent, bref, tout ce qui est de l’ordre du matériel, et qui est amené un jour ou l’autre à disparaître.

Propos recueillis par Michel

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