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Bénévoles in (jazz in) Marciac

{ UNITED COLORS of BENEVOLES }

Bénés In Marciac «  

Loupien (Libé) vs Jarrett

Source: http://www.liberation.fr/culture/musique/196600.FR.php

ze final fight
article_sur_un_goujat_par_un_goujat.jpg J'ai retrouvé l'article de Libé sur cette fameuse et étrange soirée d'ouverture de l'édition 2006, avec keith jarrett. Pas la peine de planter le décor, l'article le fait à sa sauce...
Vous pouvez en profiter pour le débat ici-même, ou dans ce fil voisin un peu plus vieux...


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Jazz in Marciac. En entame de la 29e édition, le pianiste américain a refait le caractériel.

Keith Jarrett tient son rang de goujat


Par Serge LOUPIEN
QUOTIDIEN : Mercredi 2 août 2006

    Tout le monde en convient, Jazz in Marciac est aujourd'hui l'un des festivals majeurs de la planète jazzy. Le plus masochiste aussi. Ainsi se souvient-on de certains shows tumultueux du regretté Ray Charles, grand spécialiste de l'embrouillamini scénique (rapport à la célérité des adeptes du zoom) et des pugilats backstage (pour de sombres affaires de picaillons). Ou encore de l'apparition «vincetayloresque» de Nina Simone, ex-militante soul intronisée mousquetaire d'Armagnac, qui allait pourtant offrir à cinq mille voyeurs égrillards un de ces concerts dramatiques comme l'on n'en voit peu dans une vie de festivalier.
On l'aura compris, Jean-Louis Guilhaumon, fondateur et président de la manifestation, cultive un certain art du risque. Dont on pouvait penser qu'il avait atteint son pic avec la programmation, en 2001, du caractériel Keith Jarrett (qui a déclaré un jour que Wynton Marsalis avait «une influence très négative sur le jazz» ); lequel refusait obstinément jusque-là de se produire «sous un chapiteau», lieu réservé aux charlatans et aux saltimbanques.

    Pas d'odeurs, etc. Or, le suffisant chevalier des Arts et des Lettres ( «une distinction méritée qui souligne la valeur de mon travail» avait-il déclaré à l'époque) n'a rien à voir, on le sait, avec les intermittents. Mais dans sa grande bienveillance, il avait fini par céder aux pressions conjuguées des organisateurs et de son ex-employeur, Charles Lloyd, après que le festival eût cassé sa tirelire et accepté ses exigences iniques (pas de photos, pas de fumée, pas de bruit, pas de va-et-vient, pas de retardataires, pas de buvettes, pas d'odeurs de cuisine, pas d'autre orchestre, etc.), transformant un lieu réputé pour sa convivialité en Gaveau maïsicole, où l'on n'entendait pas un épi voler.
Le public gersois ayant fait preuve, en la circonstance, d'une patience exceptionnelle, on s'imaginait que l'affaire en resterait là. Pas du tout. Cinq ans plus tard, voilà que Marciac remet ça. Invitant le sinistre Pennsylvanien à se livrer une fois encore à son numéro de pingouin. Pour commencer, il a exigé la mise à sa disposition de deux Mercedes classe S, vierges de toute odeur de tabac (la première pour lui, la seconde pour ses sidemen ) et conduites par des chauffeurs «professionnels». Keith Jarrett en effet n'apprécie guère les bénévoles. Il a d'ailleurs interdit leur présence à son concert, après les avoir privés de repas chaud (toujours à cause des effluves culinaires).

    Retardé par la charlotte au chocolat. 
Barricadé dans des coulisses transformées en QHS, il a ensuite crisé, parce que le dessert proposé ne convenait pas à son palais raffiné. Il a donc fallu aller lui chercher une charlotte au chocolat dans un restaurant du village. D'où son retard (treize minutes) au moment de monter sur scène. Rien de bien grave dans l'absolu, sauf que le Sarkozy du clavier avait préalablement exigé que tous les spectateurs aient rejoint leur siège à 20h45, le concert devant débuter à 21 heures précises (sous chapiteau fermé). Mais pourquoi édicter des règles si l'on n'a pas le droit de les transgresser ?
De même était-il conseillé de ne pas abandonner sa place pendant l'entracte. Des bénévoles, munis de sacoches remplies de bouteille d'eau minérale, passant dans les allées (les buvettes étaient closes), afin d'abreuver les spectateurs menacés de suffocation.

    Mécanique.
On peut se demander d'ailleurs pourquoi ceux-ci n'ont pas protesté (sauf au début, un peu, quand les derniers rangs ont compris que les écrans resteraient inutilisés). Car Jarrett a beau prétendre que seule sa musique compte, celle-ci est à son image : mécanique, dénuée de générosité. Miles Davis aussi tournait le dos au public. Mais c'était pour le provoquer. Keith Jarrett, lui, l'ignore. Et s'il ne le méprise pas (quoique...), il ne lui témoigne aucun respect. Se contentant de distribuer sourires et satisfecit à ses deux faire-valoir: Gary Peacock la balance (en 2001, il avait dénoncé un photographe amateur à son boss), dont on a peine à croire qu'il a pu côtoyer Albert Ayler, et Jack DeJohnette, qui faisait moins le poseur quand Miles lui balançait une serviette à la figure au milieu d'un chorus jugé inacceptable.
Marciac 2006 aura donc démarré rigide, entre parenthèses, sur un gros déficit émotionnel. Heureusement, il existe d'autres fins pianistes peu enclins à se conduire en gougnafiers. Brad Mehldau et Chano Dominguez par exemple, qui partagent à la fois l'affiche de ce soir et un même sens de la prodigalité.
JJ
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Je ne résiste pas à donner le pendant confrère à la glose de notre ami loupien...

*** * ***

À Marciac, quand la critique jase...

Au village du swing, on remet les pendules à l’heure : un débat sur la critique a surgi suite à la parution d’un article insultant Dee Dee Bridgewater.

    On ne fait pas gober n’importe quoi aux sept cents bénévoles de Jazz in Marciac. Lorsque JIM est arbitrairement vilipendé, celles et ceux qui constituent la cheville ouvrière du festival expriment ouvertement leur indignation. Depuis des années, le critique d’un quotidien national se livre périodiquement à un jeu de massacre, en ricanant sur le physique des artistes ou leur histoire personnelle. Lors de précédentes éditions de JIM, il avait, par exemple, traité la pacifique veuve Alice Coltrane de « harpie harpiste », s’était attardé sur « la maigreur affligeante de Carla Bley ». Le 3 août 2006, il s’en est durement pris à Kenny Garrett, Herbie Hancock et leurs partenaires (« le retour des lourdauds », « un pianiste à gabarit de videur de night-club et à nuque de pilier maori », etc.). Jazz au coeur, gazette quotidienne rédigée par une équipe passionnée de bénévoles, avait déjà épinglé « les excès verbaux », que « l’envoyé très spécial, égal à lui-même », avait écrits à l’encontre de Keith Jarrett. Le chroniqueur vénéneux a ensuite pris pour cibles les vocalistes Tierney Sutton - « grande bringue blondasse » - et Dee Dee Bridgewater - « ex-princesse muée en mère Denise », pour ne citer que ces assauts lexicaux.

Soyons clairs, il ne s’agit absolument pas de remettre en cause la liberté de la critique. En revanche, quand un article du 5 août qualifie de « bamboula surf à la Carlos » l’improvisation menée par Bridgewater et son groupe sur la Mer, de Trenet, on doit s’interroger : où la critique se barre-t-elle ? À Marciac, il n’y a pas que les personnes d’origine africaine qui se sentent insultées. « Je trouve inacceptable que quiconque, y compris un journaliste, porte atteinte à la dignité d’un être humain », s’insurge Yves, bénévole, enseignant et syndicaliste. Cela discute sérieusement, autant parmi les festivaliers que chez les bénévoles. Bientôt, l’annonce par les mélomanes les plus choqués de « l’entartage » du reporter-potin répand sur le village un espiègle souffle de réconfort.

Fara C.

Article paru dans l'édition du 11 août 2006

* *** ***
JJ
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On a envie d'appeler tout ça "l'affaire Jarrett/Marciac"; mais au vue de la critique, et de la critique de la critique, on se demande si c'est pas plutôt "l'affaire Loupien à marciac", ou encore "l'affaire de la critique dans le jazz", ou encore "l'affaire Jarrett et ses prestations". Enfin ça part dans tous les sens quoi. Tenez, encore un exemple
" Il faut dire qu'on ne voit guère M. Loupien à des concerts de jazz ailleurs qu'à Marciac (ah si, peut-être à Antibes) et qu'à la lumière des disques qu'il chronique à longueur d'année, on est bien en peine de se figurer quelle est sa représentation du jazz. Floue, pour le moins. "


Plus bas dans cette page, je fais une rétrospective des liens que j'ai pu dénichés sur cette 'affaire'...
Gwen
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Bon me v'là au rapport avec du retard... mais avec un avis. Que Loupien édifiât ? Ca ne doit surprendre personne. On en est plus au premier tacle à son encontre dans Jazz Au Coeur : il nous fait monter en pression tout le festival, et à un moment, on craque et essaye de le flinguer - cette année, il a commencé très fort. Faut savoir qu'un resto de la place avait ajouté sur son menu, une année, que Loupien n'etait pas le bienvenu chez eux ! C'qu'est énervant, c'est que ce mec cause beaucoup plus - et beaucoup mieux - de sapes et de coupes de cheveux que de musique. Je l'ai rencontré vite fait pour la première fois cette année ; et à ma question concernant ce fait qu'il ne traitait pas de la musique, il m'a répondu : "la musique, ca ne sert à rien d'en parler, ca s'écoute, voilà tout...". Cet argument, Boris Vian le réfutait catégoriquement il y a 50 piges de ça – j’le croyais disparu. Suivant sa logique, Loupien devrait filer sa rubrique à Jean-Paul Gautier, nettement plus compétent en tifs et frusques. Enfin, ce qu'il veut, c'est peut-être alimenter et animer, faire lire et parler de Libé et de JIM ; peut-être bien qu'il réussit son coup – la preuve. Un jour, Pat Metheny est naze avec sa touffe et son tee-shirt de marin inchangeables ; Diana Krall déchire tout, le lendemain... En trois mots, il descend un zicos, et, plus rarement mais carrément, il s'autorise parfois un jugement musical définitif genre l'héritage de Miles vient de disparaître, mazeltoff ! en plein JIM, à cause de ses disciples Garrett et Hancock... Bon, pour revenir à Jarrett, voilà le bout de mon papier qui en causait dans Jazz Au Coeur :

""Comme à l'habitude (de Loupien), juste deux mots sur la musique - "mécanique, dénuée de générosité" - de Keith Jarrett, pour mieux attaquer la personne : "pingouin (...) sinistre Pennsylvanien (...) Sarkosy du clavier" ! Sans oublier "goujat" dans le titre du papelard ! Jarrett est un grand angoissé, il a des mains d'argent. Il y a deux jours, le critique du Monde (Francis Marmande) tentait de contrecarrer "l'absurde bruit malveillant qui colle à la peau du pianiste : il serait capricieux, caractériel. On ne peux rien contre la rumeur"... Surtout quand elle est alimentée ainsi !"

A la place de la dernière phrase, j’aurais du mettre : « Quand la rumeur devient journalisme ! »… J’aurais bien mis aussi : « La preuve que Louping se goure, c’est que Sarkosy au clavier, il aurait tabassé les touches noires »…
JJ
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on Jan. 11 2007


Il me semble qu'entre la mièvrerie consensuelle - et tout son cheptel de superlatifs - et le déboulonnage trop simple qui semblent bien souvent tenter la profession, aucune critique n'est simple, d'où qu'elle émane. Loupien est probablement capable du meilleur comme du pire, une qualité en soi pour un pro de ce domaine. C'est surtout dommage qu'à force de foncer soit dans des portes ouvertes, soit foncer dans des murs un peu fantasmatiques, c'est une propre caricature de lui-même qu'il produit au fil de celles sur les artistes. Plutôt navrant, justement, pour une profession dont le maniement du jugement est délicat, et dont le principal objet devrait être celui de raconter le cheminement de son âme au milieu des chefs d'oeuvres.
Dans la prose de certains, on a oublié depuis longtemps, appparemment, le sens de l'oeuvre, de l'effort à créer (même mal), à s'attacher trop facilement à faire du dythirambe et à la tentation de descendre sans instruire. On en oublie même de s'instruire soi-même.
Navrant pour la profession et l'exercice d'analyse, plus que pour les gens de scène. Finalement cette fonction de critique (souvent autoproclamée d'ailleurs) est plus une chance - pour un lectorat potentiel, pour des artistes qui méritent de l'attention sincère, pour des intellectuels pro-culture avant tout - qu'une nécessité profonde. La preuve en est que depuis des années Loupien déverse ses démonstrations d'inculture, mais que les salles ne désemplissent pas : ni de public, ni d'artistes. Et chaque partie se partage un même bouffon.

 
Stay tuned
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