Loupien (Libé) vs Jarrett
Source: http://www.liberation.fr/culture/musique/196600.FR.php
Vous pouvez en profiter pour le débat ici-même, ou dans ce fil voisin un peu plus vieux...

Keith Jarrett tient son rang de goujat
Retardé par la charlotte au chocolat. Barricadé dans des coulisses transformées en QHS, il a ensuite crisé, parce que le dessert proposé ne convenait pas à son palais raffiné. Il a donc fallu aller lui chercher une charlotte au chocolat dans un restaurant du village. D'où son retard (treize minutes) au moment de monter sur scène. Rien de bien grave dans l'absolu, sauf que le Sarkozy du clavier avait préalablement exigé que tous les spectateurs aient rejoint leur siège à 20h45, le concert devant débuter à 21 heures précises (sous chapiteau fermé). Mais pourquoi édicter des règles si l'on n'a pas le droit de les transgresser ?
Mécanique. On peut se demander d'ailleurs pourquoi ceux-ci n'ont pas protesté (sauf au début, un peu, quand les derniers rangs ont compris que les écrans resteraient inutilisés). Car Jarrett a beau prétendre que seule sa musique compte, celle-ci est à son image : mécanique, dénuée de générosité. Miles Davis aussi tournait le dos au public. Mais c'était pour le provoquer. Keith Jarrett, lui, l'ignore. Et s'il ne le méprise pas (quoique...), il ne lui témoigne aucun respect. Se contentant de distribuer sourires et satisfecit à ses deux faire-valoir: Gary Peacock la balance (en 2001, il avait dénoncé un photographe amateur à son boss), dont on a peine à croire qu'il a pu côtoyer Albert Ayler, et Jack DeJohnette, qui faisait moins le poseur quand Miles lui balançait une serviette à la figure au milieu d'un chorus jugé inacceptable.
JJ![]() Associate 1148 posts registered on Apr. 17 2006 | Je ne résiste pas à donner le pendant confrère à la glose de notre ami loupien... *** * ***
À Marciac, quand la critique jase...Au village du swing, on remet les pendules à l’heure : un débat sur la critique a surgi suite à la parution d’un article insultant Dee Dee Bridgewater. On ne fait pas gober n’importe quoi aux sept cents bénévoles de Jazz in Marciac. Lorsque JIM est arbitrairement vilipendé, celles et ceux qui constituent la cheville ouvrière du festival expriment ouvertement leur indignation. Depuis des années, le critique d’un quotidien national se livre périodiquement à un jeu de massacre, en ricanant sur le physique des artistes ou leur histoire personnelle. Lors de précédentes éditions de JIM, il avait, par exemple, traité la pacifique veuve Alice Coltrane de « harpie harpiste », s’était attardé sur « la maigreur affligeante de Carla Bley ». Le 3 août 2006, il s’en est durement pris à Kenny Garrett, Herbie Hancock et leurs partenaires (« le retour des lourdauds », « un pianiste à gabarit de videur de night-club et à nuque de pilier maori », etc.). Jazz au coeur, gazette quotidienne rédigée par une équipe passionnée de bénévoles, avait déjà épinglé « les excès verbaux », que « l’envoyé très spécial, égal à lui-même », avait écrits à l’encontre de Keith Jarrett. Le chroniqueur vénéneux a ensuite pris pour cibles les vocalistes Tierney Sutton - « grande bringue blondasse » - et Dee Dee Bridgewater - « ex-princesse muée en mère Denise », pour ne citer que ces assauts lexicaux. Soyons clairs, il ne s’agit absolument pas de remettre en cause la liberté de la critique. En revanche, quand un article du 5 août qualifie de « bamboula surf à la Carlos » l’improvisation menée par Bridgewater et son groupe sur la Mer, de Trenet, on doit s’interroger : où la critique se barre-t-elle ? À Marciac, il n’y a pas que les personnes d’origine africaine qui se sentent insultées. « Je trouve inacceptable que quiconque, y compris un journaliste, porte atteinte à la dignité d’un être humain », s’insurge Yves, bénévole, enseignant et syndicaliste. Cela discute sérieusement, autant parmi les festivaliers que chez les bénévoles. Bientôt, l’annonce par les mélomanes les plus choqués de « l’entartage » du reporter-potin répand sur le village un espiègle souffle de réconfort. Fara C. Article paru dans l'édition du 11 août 2006 * *** ***
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JJ![]() Associate 1148 posts registered on Apr. 17 2006 | On a envie d'appeler tout ça "l'affaire Jarrett/Marciac"; mais au vue de la critique, et de la critique de la critique, on se demande si c'est pas plutôt "l'affaire Loupien à marciac", ou encore "l'affaire de la critique dans le jazz", ou encore "l'affaire Jarrett et ses prestations". Enfin ça part dans tous les sens quoi. Tenez, encore un exemple " Il faut dire qu'on ne voit guère M. Loupien à des concerts de jazz ailleurs qu'à Marciac (ah si, peut-être à Antibes) et qu'à la lumière des disques qu'il chronique à longueur d'année, on est bien en peine de se figurer quelle est sa représentation du jazz. Floue, pour le moins. " Plus bas dans cette page, je fais une rétrospective des liens que j'ai pu dénichés sur cette 'affaire'... |
| Gwen Member 3 posts registered on Aug. 18 2006 | Bon me v'là au rapport avec du retard... mais avec un avis. Que Loupien édifiât ? Ca ne doit surprendre personne. On en est plus au premier tacle à son encontre dans Jazz Au Coeur : il nous fait monter en pression tout le festival, et à un moment, on craque et essaye de le flinguer - cette année, il a commencé très fort. Faut savoir qu'un resto de la place avait ajouté sur son menu, une année, que Loupien n'etait pas le bienvenu chez eux ! C'qu'est énervant, c'est que ce mec cause beaucoup plus - et beaucoup mieux - de sapes et de coupes de cheveux que de musique. Je l'ai rencontré vite fait pour la première fois cette année ; et à ma question concernant ce fait qu'il ne traitait pas de la musique, il m'a répondu : "la musique, ca ne sert à rien d'en parler, ca s'écoute, voilà tout...". Cet argument, Boris Vian le réfutait catégoriquement il y a 50 piges de ça – j’le croyais disparu. Suivant sa logique, Loupien devrait filer sa rubrique à Jean-Paul Gautier, nettement plus compétent en tifs et frusques. Enfin, ce qu'il veut, c'est peut-être alimenter et animer, faire lire et parler de Libé et de JIM ; peut-être bien qu'il réussit son coup – la preuve. Un jour, Pat Metheny est naze avec sa touffe et son tee-shirt de marin inchangeables ; Diana Krall déchire tout, le lendemain... En trois mots, il descend un zicos, et, plus rarement mais carrément, il s'autorise parfois un jugement musical définitif genre l'héritage de Miles vient de disparaître, mazeltoff ! en plein JIM, à cause de ses disciples Garrett et Hancock... Bon, pour revenir à Jarrett, voilà le bout de mon papier qui en causait dans Jazz Au Coeur : ""Comme à l'habitude (de Loupien), juste deux mots sur la musique - "mécanique, dénuée de générosité" - de Keith Jarrett, pour mieux attaquer la personne : "pingouin (...) sinistre Pennsylvanien (...) Sarkosy du clavier" ! Sans oublier "goujat" dans le titre du papelard ! Jarrett est un grand angoissé, il a des mains d'argent. Il y a deux jours, le critique du Monde (Francis Marmande) tentait de contrecarrer "l'absurde bruit malveillant qui colle à la peau du pianiste : il serait capricieux, caractériel. On ne peux rien contre la rumeur"... Surtout quand elle est alimentée ainsi !" A la place de la dernière phrase, j’aurais du mettre : « Quand la rumeur devient journalisme ! »… J’aurais bien mis aussi : « La preuve que Louping se goure, c’est que Sarkosy au clavier, il aurait tabassé les touches noires »… |
JJ![]() Associate 1148 posts registered on Apr. 17 2006 | Il me semble qu'entre la mièvrerie consensuelle - et tout son cheptel de superlatifs - et le déboulonnage trop simple qui semblent bien souvent tenter la profession, aucune critique n'est simple, d'où qu'elle émane. Loupien est probablement capable du meilleur comme du pire, une qualité en soi pour un pro de ce domaine. C'est surtout dommage qu'à force de foncer soit dans des portes ouvertes, soit foncer dans des murs un peu fantasmatiques, c'est une propre caricature de lui-même qu'il produit au fil de celles sur les artistes. Plutôt navrant, justement, pour une profession dont le maniement du jugement est délicat, et dont le principal objet devrait être celui de raconter le cheminement de son âme au milieu des chefs d'oeuvres.
Dans la prose de certains, on a oublié depuis longtemps, appparemment, le sens de l'oeuvre, de l'effort à créer (même mal), à s'attacher trop facilement à faire du dythirambe et à la tentation de descendre sans instruire. On en oublie même de s'instruire soi-même. Navrant pour la profession et l'exercice d'analyse, plus que pour les gens de scène. Finalement cette fonction de critique (souvent autoproclamée d'ailleurs) est plus une chance - pour un lectorat potentiel, pour des artistes qui méritent de l'attention sincère, pour des intellectuels pro-culture avant tout - qu'une nécessité profonde. La preuve en est que depuis des années Loupien déverse ses démonstrations d'inculture, mais que les salles ne désemplissent pas : ni de public, ni d'artistes. Et chaque partie se partage un même bouffon. |
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A la décharge de Jarrett, dont j'aime toujours la musique, et de manière générale j'ai une passion profonde pour tout artiste digne de ce nom (c'est bien pour ça que j'y rends hommage à ma façon avec la photographie), je vous laisse juge de cette vidéo amateur où le génie déclare entre autre que c'est un privilège pour le public d'être là mais "pas le sien". Je peux comprendre l'approche, en revanche entendre que les photographes sont des trous du cul, là ça me le troue justement. C'est à croire qu'il ne connaît de la photo que le pire (j'en connais peu qui shootent au flash, tout le monde sait que le flash gâche tout d'une photo de scène), et ca contraste violemment avec sa sensibilité instrumentale. Edited by JJ on Aug. 26 2007 | |
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